Les Prévisions du marché du travail jusqu'en 2029 récemment publiées par le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA) indiquent que les producteurs agricoles canadiens éprouvent des problèmes constants à trouver la main-d'œuvre appropriée. Lors d'un sondage effectué auprès des employeurs agricoles, plus de 47 % des répondants ont révélé être incapables de répondre à leurs besoins de main-d'œuvre. Dans tout le secteur, plus d'un répondant sur trois a déclaré n'avoir reçu aucune candidature de Canadiens suivant l'affichage d'un poste.

Si l'on considère qu'environ 30 % des travailleurs devraient prendre leur retraite dans les 10 prochaines années, la pénurie de main-d'œuvre devrait s'aggraver, comme l'indiquent les prévisions du marché du travail. Miser sur le potentiel inexploité du Canada et se tourner vers d'autres sources de travailleurs que les Canadiens sont des solutions parmi d'autres au manque de main-d'œuvre.

Les employeurs cherchent d'abord à embaucher des Canadiens, puis recrutent des travailleurs internationaux s'ils n'arrivent pas à trouver de Canadiens pour travailler dans leur exploitation. Les travailleurs étrangers constituent alors une source de main-d'œuvre précieuse pour le secteur agricole canadien. Le nombre d'emplois pourvus par les travailleurs internationaux a augmenté, passant de 45 600 emplois en 2014 à près de 60 000 en 2017, ce qui représente un emploi sur six au sein de la main-d'œuvre agricole canadienne.

Les sources non traditionnelles de main-d'œuvre peuvent aussi contribuer à atténuer les pressions exercées sur le marché du travail. L'industrie agricole peut faire en sorte de recruter des gens qui n'ont pas entretenu de liens étroits avec le secteur pour trouver une carrière enrichissante. Les groupes sous-représentés, comme les jeunes Canadiens, les femmes et les Autochtones, sont des sources de travailleurs extrêmement prometteuses pour atténuer les pénuries et enrichir la main-d'œuvre par de nouvelles expériences et de nouvelles idées.

Les immigrants sont une autre source diversifiée de compétences et de connaissances. Bien que 4 % de la main-d'œuvre d’aujourd’hui soit arrivée au Canada au cours des cinq dernières années, la plupart des néo-Canadiens ont été moins enclins à opter pour une carrière en agriculture que dans d’autres secteurs. La promotion par les collectivités et les administrations locales de leurs activités communautaires, de leurs établissements scolaires et de leurs programmes récréatifs fera en sorte de rassurer les gens, de les encourager à trouver un emploi dans les régions rurales et de leur permettre d'en découvrir le dynamisme.

Le changement des perceptions négatives entourant la vie et le travail dans les régions rurales et la promotion de l'agriculture comme étant un domaine de carrière gratifiante profiteront durablement au secteur. Le travail dans la production alimentaire est généralement mal connu. Si les entreprises, le milieu de l'éducation et les organismes gouvernementaux arrivent à positionner l'agriculture comme étant un domaine professionnel viable et dynamique pour les Canadiens, les gens ne pourront que s'intéresser davantage aux carrières dans la production alimentaire.

« Susciter la constitution d’une main-d’œuvre diversifiée possédant les bonnes compétences aidera le secteur à réaliser son plein potentiel, indique Portia MacDonald-Dewhirst, directrice générale du CCRHA. Il faut aussi continuer à trouver des moyens de faire de l'agriculture un cheminement de carrière attrayant et viable afin d'atteindre davantage de travailleurs canadiens. Il faudra des efforts concertés, des stratégies multiples et une démarche soutenue si nous voulons véritablement changer les choses en agriculture. »

Pour régler les problèmes de main-d’œuvre cernés dans la recherche, le CCRHA a mis au point des outils de gestion des ressources humaines propres à l'agriculture afin d’aider les exploitations agricoles modernes à gérer leur main-d’œuvre. Le CCRHA offre également AgriCompétences, des programmes de formation en ligne et en personne, ainsi que l'AgriBoîte à outils en RH, un guide de ressources en ligne qui offre des modèles visant à répondre aux besoins en matière de ressources humaines de toute entreprise. De plus, des outils d’information sur les questions de main-d’œuvre, où sont appliquées les dernières données d'études aux divers groupes de production et provinces afin d’explorer les effets de la situation de la main-d’œuvre sur chaque secteur, ont été conçus précisément pour répondre aux besoins des organisations agricoles. Pour en savoir davantage sur tous ces outils et d'autres offerts par le CCRHA, consultez le site www.cahrc-ccrha.ca.

Les prévisions du marché du travail ont été validées lors de consultations de l'industrie tenue à l'échelle pancanadienne au moyen, notamment, de 1 316 sondages menés auprès d’employeurs, de travailleurs et d’intervenants de l’industrie et de huit webinaires axés sur des groupes de production précis auxquels ont pris part 170 participants au total. On trouvera les données nationales des prévisions dans le rapport L’agriculture en 2029 : comment la pénurie de main-d’œuvre déterminera le destin du secteur. La recherche a été financée en partie par le Programme d’appui aux initiatives sectorielles du gouvernement du Canada.

 

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Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture (CCRHA) travaille avec les leaders de l’industrie, les responsables gouvernementaux et les intervenants en éducation afin de chercher, d’élaborer et de communiquer des solutions aux défis qu'affronte l’agriculture primaire au chapitre de l’emploi et du développement des compétences. Il dirige également les efforts de collaboration visant la mise en œuvre du Plan d'action canadien sur la main-d'œuvre du secteur agricole et agroalimentaire. Pour en savoir davantage, prière de visiter www.cahrc-ccrha.ca.

 

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Julie Schryburt, CCRHA;

Tél. : 613-745-7457 poste.224; courriel : jschryburt@cahrc-ccrha.ca